amentam

  Rita a 12 ans lorsque la mafia tue son père, modeste boss de quartier dans une petite ville de la province de Trapani, ensanglantant sa robe blanche de première communiante. Quelques années après ce sera le tour de son frère Nicola, lui aussi membre de cosa nostra et malgrè les menaces et les mises en garde de sa famille elle décide de rompre la loi du silence et va trouver le juge anti mafia Paolo Borsellino avec le carnet  où elle a consignée scrupuleusement les faits et armes des divers "hommes d'honneurs" Rèpudiée et reniée par sa mère et par les siens elle est contrainte de s'exiler à Rome où elle vivra sous une fausse identité dans la clandestinité sous la protection de Paolo Borsellino jusqu'à ce jour de juillet 1992 où il sera assassiné par la mafia. Désormais seule, privée dìidentité et consciente que son reve de liberté et de justice ne se réalisera jamais elle se jette du 7ème étage de son appartement. Lors de ses obsèques sa dépouille traversera son village dans la meme solitude et quelques jours après sa mère ira profaner sa  tombe à coups de marteau.

sicilianaribella

Coproduction italo française (avec Gérad Jugnot, qui incarne le juge, choix un peu contesté) le film de Marco Amenta (inspiré de la véritable histoire de Rita)  lui aussi sicilien  qui est né et à vécu près de Palerme jusqu'à l'age de 18 ans avant de partir pour la France, est l'objet de polémique de la part des héritiers de Rita Atria (voir le site www.ritaatria.it ) sa belle soeur (la femme du frère de Rita,  Nicola, elle meme collaboratrice de justice) et sa nièce, bien qu'il ait choisi de changer les noms des personnages afin de préserver leur privacy. On peut voir le trailer du film sur le site www.sicilianaribelle.it (le film sortira en France au mois de mai) Dans ce film comme celui de Gomorra, insiste le metteur en scène il n'y a pas de héros romantique à l'image de Don Corléone, dans le parrain.

mopulo

Rita ATRIA

Elle écrivait dans son journal "Peut etre qu'un monde honnete n'existera jamais, mais qui nous empeche de le rever ? " et aussi "non avrò una lunga vita"  L'épilogue est tragique comme dans les tragédies grecques, Marco Amenta la compare à l'Antigone de Sophocle, c'est pour moi l' histoire la plus triste et la plus tendre d'une repentie.  Elle ètait née et avait grandi dans l'humus mafieux et avec un courage fou elle a refusée d'etre soumise et complice comme sa mère et sa grand mère avant elle ainsi que toutes les autres femmes comme le veut la tradition de cosa nostra. 

Elle me rappelle ce terrible fait divers, l'assassinat d'un garçon appartenant lui aussi à une famille mafieuse, par sa mère et sa soeur car il avait décidé de collaborer avec la police, de parler et dénoncer. Insupportable déshonneur.